( Merci à tous ! Voici la suite.. )
Markiel se fit tirer de son sommeil par Arnor. Yalyanna était derrière lui et lui donnait de grands coups d’oreiller.
-Laissez-le tranquille ! Et qui êtes vous ?, gronda-t-elle.
-Markiel, dit à ta garde du corps que je ne suis pas un ennemie, je t’en prie. Elle ne veut rien entendre. Ça fait une heure qu’elle me tape dessus, lui chuchota-il.
Le jeune garçon eut un sourire.
-Yalyanna, je le connais ça va. Il est la pour nous aider.
-Oh… , dit-elle en reposant son oreiller. Dans ce cas, bonjour monsieur.
-Enfin… soupira Arnor.
Il se retourna vers Yalyanna.
-Néanmoins, vous faites bien de vous méfier. Plus personne n’est sûr ces temps-ci, jeune Forbis.
-Et bien… , ajouta celle-ci sans savoir quoi répondre.
Arnor n’avait pas écouter la réponse de la Forbis. Il se retourna vers Markiel.
-Il faut partir bientôt, nous avons perdue bien assez de temps.
-Partir ? Partir ou ? , demanda Yalyanna.
-Nous allons à la cité d’Or, Mirnya. , répondit Markiel.
-Exacte ! Alors nous devons tout de suite allez prendre notre petit-déjeuner !'ajouta Arnor.
-Mais pourquoi ?
-Pour ne pas mourir de fin pendant le voyage !
Yalyanna croisa les bras et se rassit sur son lit. Elle bougonna quelque chose qui ressemblait à : « nonmaisonmeditrienamoi… ».
-Je préviens l’aubergiste pour qu’il prépare nos chevaux !
Il sortit de la pièce. Markiel se redressa dans son lit.
-Nos chevaux ?
Yalyanna haussa les épaules, décidée à faire la moue. Markiel sourit à son amie.
-Je t’expliquerai tout ça en route !
-C’est ça…, répliqua-t-elle pour le rendre coupable.
-Écoute, arrête de vivre malheureusement sinon tu seras malheureuse toute ta vie !
Cette fois-ci un sourire apparut sur les lèvres de son amie. Elle se leva sur son lit et lui lança une oreiller par la tête. Markiel prit l’oreiller et lui la renvoya en pleine face.
-Tu oses t’attaquer à L’Élu !, la réprimanda-t-il le sourire aux lèvres.
-À Markiel avant tout !, répliqua-t-elle en lui renvoyant son oreiller.
-Gare à toi !
Il reprit le coussin et poussa un cri de guerre puis fonça sur Yalyanna. Il la frappa avec l’oreiller. Cette fois-ci, les plumes s’envolèrent et atterrirent un peu partout dans la chambre. Les deux amis se mirent à rire.
-On devrait peut-être se préparer pour le voyage, suggéra alors Markiel.
-Ouais, sinon ce Arnor… , commença-t-elle.
-Ce Arnor m’aidera, trancha Markiel.
-Comme tu le dis..
Ils retrouvèrent leur habits propres et bien pliés au pied de leur lit. Yalyanna fila à la salle des bains pour les enfiler. Markiel resta dans la chambre. Ses habits avaient été recousus à quelques endroits. Il les enfila puis sortit dans le couloir pour descendre à la salle commune.
Markiel retrouva Arnor. Il mangeait avec appétit à une table. Le garçon alla s’asseoir devant lui. Son repas fut vite arrivé.
-Que dois faire L’Élu ? demanda-t-il après un moment entre deux bouchés.
-Faire revenir la paix dans les Mondes de Laniel, répondit Arnor comme si rien n’était plus facile que cela.
-Comment ?
Arnor termina son assiette. Puis plongea ses yeux gris dans ceux de Markiel.
-La tâche qui t’attend est difficile. Tes ennemies sont nombreux mais tes alliés le sont encore plus. Le roi Irnath qui règne sur ce monde est puissant mais tu as la force des douze chevaliers avec toi. Tu devras le détruire. Il te faut te préparer pour cela et c’est pour cette raison que nous allons à Mirnya. Là bas, plusieurs personnes t’aiderons.
Markiel n’ajouta rien. Combattre le roi Irnath ? Le détruire même ! Il n’avait pas la force. Ses pensées furent interrompue par Yalyanna qui arriva.
-Bonjour ! , dit-elle visiblement plus joyeuse qu’à l’heure du lever.
-Bonjour mademoiselle, répondit Arnor. Peut-être voulait-il prouver qu’il pouvait être un gentleman.
Yalyanna sourit. Une des servantes vint lui porter un plat chaud. Yalyanna mangea, prenant soins de ne rien toucher à ce qui ressemblait à de la viande. Arnor ne posa pas de question.
Ils payèrent leur facture et se rendirent à l’écurie. Trois magnifiques chevaux étaient scellés. Arnor sourit en les voyant.
-Un cadeau pour vous, annonça-t-il.
Yalyanna poussa un cri de joie. Elle courut vers les chevaux. Arnor lui montra Alyniel, une jument blanche et assez intelligente. Puis présenta Nador à Markiel.
-C’est une bonne monture, lui expliqua-t-il en lui montrant l’étalon noir. C’est un rusée et curieux qui n’a pas froid aux yeux !
Markiel ne sut comment le remercier. Il bafouilla quelques mots. Arnor lui sourit et posa sa main sur l’épaule du garçon.
-Ça me fais plaisir, lui assura-t-il en souriant.
Ils prirent la route vers l’est, longeant le fleuve d’Asmel. Arnor expliqua à Yalyanna comment tenir sa monture qui avait tendance à s’égarer du chemin. La Forbis accepta ses conseils de bonne grâce.
Ce fut en après-midi que Yalyanna demanda alors où ils allaient. Elle avait passer toute la matinée à s’émerveillé des paysages différents de sa forêt et n’avait pas pensé à leur itinéraire.
-Nous nous rendons à Myrnia, la cité d’Or. La reine de la cité vous aideras dans votre tâche.
Yalyanna n’en demanda pas plus sur ce sujet mais poursuivit sur les origines d’Arnor.
-Et vous ? Nous ne savons rien de vous…, le questionna-t-elle.
-Et bien… Je suis Arnor de Myrnia, fils de Gortak et de Mielna.
-Mais encore ?
Puis Yalyanna plaqua une main sur sa bouche. Gortak ! L’ami de son père, celui qui était venue les voir.
-Votre père, je le connais !
-Il est fort probable, il fut un des douze guerriers de Laniel. Mais il est mort maintenant… puisque vous êtes ici, ajouta-il en regardant Markiel.
-Je…je suis désolé, balbutia ce dernier.
-Son temps était venu, ajouta-t-il malgré une teinte de tristesse dans sa voix. Il est mort en héros, et vous sauverez ces mondes donc son sacrifice n’était pas inutile.
Markiel ne sut quoi ajouter. Comment un étranger pouvait-il croire autant en lui ? Il acquiesça d’un signe de tête et garda le silence. Ce fut Yalyanna qui le rompit.
-Votre mère ? Qui était-elle ?
-Une Elmaf. Mon père l’a rencontré lors de la guerre qui a ravagé les siens. Les Elmaf sont presque tous disparut aujourd’hui. Mon père ne s’est jamais pardonné de ne pas avoir pu les sauver. Il s’est toujours crut responsable de la destruction de ce peuple car lui et sa troupe d’élite ne sont pas arrivé à temps. Mais ils ont pu en sauver quelque uns. Bref, il est tombé amoureux de ma mère et il l’emmena avec lui une dizaine des siens. Puis elle est morte deux ans plus tard.
Arnor n’ajouta rien. Markiel et Yalianna n’insistèrent pas.
-J’ai juré à mon père de seconder l’Élu et de venger ma mère, reprit-il après un moment. C’est pourquoi vous pouvez toujours compter sur moi.
Arnor sourit aux deux jeunes. Sa vie avait un sens maintenant.
La chevauchée se poursuivit joyeusement. Yalyanna entreprit d’apprendre un chant Forbis à Arnor. Celui-ci n’avait pas la voix doucereuse de la Forbis et l’apprentissage s’arrêta bien vite. « Je laisserai le chant Forbis aux Forbis, je crois. », déclara Arnor après plusieurs essaies. Il leur raconta alors des récits de guerre. Arnor était bien plus douée en ce domaine qu’au chant. Puis en fin d’après-midi, ils atteignirent Raklor, une cité ayant la réputation d’abriter les pires voleurs du royaume.
-Je connais un auberge où nous seront bien. L’aubergiste est un ami. Mais surveillez bien vos choses, il y a des misérables partout.
-Ça l’air accueillant comme coin… souffla Yalyanna.
La petite troupe entra dans la cité, bondée à cette heure des gens qui rentrait après leur journée de travail. Markiel et Yalyanna suivirent Arnor qui tournait par ci, par là. Finalement ils arrivèrent à l’auberge et descendirent de leurs montures. Aussitôt, une jeune fille essaya de partir avec le cheval de Markiel. Ce dernier attrapa la voleuse par le chandail et la tira vers lui.
-Tu voulais voler mon cheval ? la sermonna-t-il d’une voix forte.
-Non. répondit la jeune sans crainte.
Elle semblait avoir environ 10 ans. Elle portait ses cheveux longs noirs jusqu'à sa taille et ses grands yeux foncés comme la nuit n’exprimait aucune émotion. Markiel regarda Arnor, ne sachant trop que faire.
-Les voleuses doivent être châtiée. expliqua Arnor à la jeune. Je devrais te trancher la main, le sais-tu ?
La petite acquiesça mais ne dit rien. Arnor sortit son sabre et releva le menton de la jeune fille.
-Vous ne pouvez pas lui faire de mal ! C’est une enfant ! s’exclama la Forbis, offusquée.
Arnor resta sourd à son commentaire. Il examina longuement l’enfant. Yalyanna se pencha, prête à bondir sur Arnor s’il tentait quoi que ce soit. Finalement Arnor rangea son arme.
-Il ne sert à rien de vous trancher la main, jeune fille, même si vous le méritiez. Vous êtes jeune, pour cette fois je vous laisse filer. Mais tout le monde n’est pas comme moi dans cette cité. Rappelez-vous en !
La jeune fille ne bougea pas. Elle se contentait de fixer Arnor. Après un long moment, elle ajouta.
-Je n’ai plus de famille. Je voulut voler ce cheval pour partir d’ici. Vous êtes voyageurs n’est-ce pas ? Pourrais-je voyager à vos côtés ? Je suis bonne espionne, mes talents vous aiderons peut-être. Je vous en prie, sire.
Contre toute attente, la jeune fille s’agenouilla devant eux.
-Je vous en prie. Je veux quitter cette cité.
Markiel échangea un regard surpris avec Arnor. Le chevalier observa longuement la jeune fille aux cheveux noirs devant lui avant de répondre.
-Ta demande sera exaucée, jeune dame. Mais sache que je ne tolérais aucunement que tu me voles quelque chose. Dans ce cas, nous te laisserons continuer la route seule.
L’enfant approuva d’un signe de tête.
-Comment t’appelles-tu ? , reprit Arnor.
-Merkana. Merkana Dougs.
-Bien Merkana, ajouta Yalyanna pour détendre l’atmosphère, tu as froid ? Je suis Yalyanna, rentrons à l’intérieur.
La Forbis la prit par les épaules et l’entraîna avec elle dans l’auberge. Markiel et Arnor allèrent porter les chevaux. Le nouvel Élu regardait son ami, différemment. Il hésita longtemps à poser sa question. Le soleil se couchait à l’horizon, ils étaient dans l’écurie lorsqu’il dit enfin,
-Aurais-tu trancher la main de cette jeune fille ?
Sa voix était grave, presque apeurée. Arnor se mit à rire.
-Jamais je n’aurait blesser un enfant ! s’exclama-t-il. Je voulais simplement lui faire comprendre que ce qu’elle a fait était mal. D’ailleurs, je trouve que cette jeune Merkana a bien du courage !
-Vous me rassurez ! ajouta Markiel dans un soupir.
Arnor se contenta de lui sourire. Markiel faisait bien de se méfier. Il y avait des ennemies partout en ces temps.
Leurs chevaux dans leur box, Markiel et Arnor rentrèrent à leur tour dans l’auberge.